Le projet muséal dinosaurien à Iminoulawen (70 km au nord d'Ouarzazate) est en dernière ligne droite. Le conseil de cette commune rurale vient d'approuver une décision d'acquérir le terrain qui servira de foyer définitif pour "Tazoudasaurus Naimi".
Le projet dispose désormais d'une association gestionnaire, d'un fonds de 5 millions de dirhams mobilisé grâce à un partenariat entre le conseil provincial, la commune rurale et la famille du paléontologue français Du Riqlès, ainsi que d'un planning pour sa mise en oeuvre.
Les quatre prochains mois verront ainsi la mise en oeuvre des travaux relatifs au levé topographique, à l'étude géotechnique, aux plans de construction et aux plans béton armé.
Le début du mois d'août sera le prélude aux opérations de construction effective. Pour les populations, la cadence est tellement accélérée qu'elles n'en réalisent pas l'effet immédiatement.
Mais, si tout marche comme prévu, un musée aux standards internationaux devrait voir le jour, dix-huit mois après, au même site choisi par Jacques Majorelle comme source d'inspiration à sa force et son énergie créatrices.
Le cachet architectural local est déjà pris en compte dans les premières ébauches de plans. La devise étant "penser globalement et agir localement".
En attendant la fin des travaux de construction, un processus de formation des ressources humaines compétentes sera déclenché et devrait s'étaler tout au long des premières années de gestion.
En parallèle, les initiateurs s'attelleront à assurer un marketing concurrentiel et à préparer un document scientifique pour la sensibilisation des donateurs.La viabilité du projet est déjà un souci.
"Nous devons assurer un fonds de roulement pour le projet par autofinancement, via la création de structures accueillantes génératrices de recettes", a indiqué Mohamed Benchra, chef des services des Mines, lors d'un exposé aux membres et populations de la commune d'Iminoulawen.
Le squelette fossilisé de Tazoudasaurus Naimi, qui mesure 9 mètres et pèse 5 tonnes, a été découvert par hasard vers 1998 lorsqu'il s'est avéré qu'un habitant du village vendait des ossements aux touristes.
Un journaliste local avait fait l'hypothèse de l'existence d'un dinosaure.
Une équipe de paléontologistes internationaux, conduits par le paléontologue Français Philippe Taquet, s'est rendue sur place pour annoncer officiellement la découverte.
"L'équipe de rédaction avait à l'époque beaucoup hésité avant de publier la nouvelle, estimant que c'est une hypothèse très écartée et de peur aussi que le journal ne soit la risée des collègues", a déclaré Ahmed Zahir, membre du conseil communal et correspondant d'un journal national.
Maintenant que le "mythe" s'est transformé en réalité, il faut l'ériger en levier de développement, soulignent les différents acteurs de développement. Le volet touristique qui caractérise déjà la province semble prometteur, puisqu'il sera enrichi d'un créneau original : le tourisme scientifique.
L'une des valeurs scientifiques qui parrainent ce projet muséal, n'est autre que le paléontologue international Philippe Taquet, membre de l'Académie Hassan II des sciences et des techniques. Pour lui, ce dinosaure sera d'un impact social, économique et scientifique grandiose. La communauté scientifique internationale se dépêchera certainement au site de Tazouda.
Herbivore vieux de plus de 180 millions d'années, Tazoudasaurus sera-t-il esseulé dans la région ? Aucunement. Les paléontologues ont découvert dans la foulée des fouilles un deuxième sauropode quadrupède carnivore entre 2005 et 2007 : le Berberosaurus.
Il suffit donc d'une route "des dinosaures" reliant Iminoulawen à la belle vallée des Aït Bougemmaz pour que ces deux créatures écoutent les échos d'un parent, vieux d'un peu plus de 160 millions d'années, et qui dispose déjà d'un foyer muséal à Azilal : l'Atlasaurus
Mustapha Elouizi - MAP