Le Maroc vient de passer l’« Examen périodique universel » devant un groupe de travail du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Lors des débats, des ONGs marocaines n’ont pas mâché leurs mots...
LE Maroc a été parmi les premiers pays à avoir présenté son rapport dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU). Lors de sa première session, qui s’est achevée le 18 avril à Genève, les 47 membres du Groupe de travail du CDH chargé de ce nouveau mécanisme onusien, ont procédé à une adoption initiale du document officiel sur la situation des droits de l’Homme dans le Royaume. Le rapport final devrait être adopté lors de la 8e session du Conseil prévue en juin prochain.
Présentant le rapport du Maroc, le ministre de la Justice, Abdelwahed Radi, a passé en revue les avancées réalisées au niveau national. Bien sûr, il s’est attardé sur le processus qui avait été réalisé à travers l’Instance équité et réconciliation (IER). Il a aussi expliqué le suivi assuré par le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme. Il n’a pas manqué non plus de rappeler que le Maroc est parmi les rares pays africains et arabes à disposer d’un Ombudsman (Diwan Al Madalem). En fait, comme l’a affirmé le représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, le rapport adopté donne « une photographie instantanée » des efforts consentis par le Maroc pour asseoir les fondements d’un Etat de droit.
Seulement, les réalisations énumérées par A. Radi devant le groupe de travail chargé de l’EPU, semblent loin de répondre aux attentes des ONG marocaines comme l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), la Ligue Marocaine de Défense des Droits de l’Homme (LMDDH), le Forum Marocain pour la vérité et La justice (FMVJ), le Centre Marocain de Droits de l’Homme (CMDH), le Réseau Amazigh pour la Citoyenneté, qui ont été représentées à Genève. Ces associations voulaient non seulement débattre du contenu du rapport marocain, mais surtout présenter leur « rapport parallèle ». Que lit-on dans ce rapport commun ? « La politique des lignes rouges est toujours de rigueur, ce qui constitue une grave entrave à l’exercice de la liberté d’opinion, d’expression et de croyance », note le document. Par ailleurs, les principales « revendications » concernent l’abolition de la peine de mort, l’indépendance de la justice, la ratification de la convention de protection des personnes contre les disparitions forcées, des protocoles facultatifs contre la torture et contre toutes formes de discriminations à l’égard des femmes ainsi qu’un certain nombre de conventions de l’OIT dont la Convention n°87 sur les libertés syndicales.
Les auteurs du rapport plaident aussi pour la reconnaissance de l’identité Amazigh et la langue amazigh en tant que langue officielle. Ils regrettent enfin qu’il n’existe aucune structure gouvernementale au Maroc chargée d’assurer la coordination et la supervision des politiques ciblant la promotion et la protection des droits de l’Homme.
Des remarques que les représentants officiels du Maroc ont bien noté. C’est sûr que ces derniers seront attendus au tournant à chaque EPU.
Mohamed Zainabi - lereporter.ma