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Société : Le Congrès Mondial Amazigh participe au Medlink
Posté par houss59 le 13/12/2006 23:00:00 (584 lectures) Articles du même auteur

Open in new windowLors de l’intervention de Belkacem LOUNES, Président du Congrès Mondial Amazigh a dabord affirmé que " Etre à Rome pour un amazigh ce n’est jamais banal".
Il rappele que « Rome est une très vieille connaissance pour nous, car les Romains ont séjourné chez nous plus de 7 siècles et ont laissé des traces indélébiles dans notre histoire mais aussi dans nos paysages couverts encore aujourd’hui de leurs vestiges architecturaux, de Leptis Magna en Libye jusqu’à Volubilis au Maroc, en passant par Carthage, en Tunisie, Timgad, Tigzirt, Tipaza... en Algérie et dans bien d’autres territoires nord africains.


Il paraît même que l’appellation " berbères " vient des Romains, débarquant en Afrique du Nord, ils ont traité de " barbarus " (barbares) les populations amazighes autochtones parce qu’elles ne parlaient pas le latin. Curieusement, ce sont les envahisseurs qui traitent les envahis de barbares !

Nul n’a oublié également que le roi amazigh Jugurtha qui combattit les Romains, pour la liberté de Tamazgha, est mort en captivité ici à Rome, en l’an 104 avant JC.

Nous partageons aussi avec Rome, avec l’Italie et avec l’universalité, d’illustres femmes et hommes d’Etat, de Lettres et de l’Eglise, parmi lesquels Septime Sévère, Caracalla, Apulée, Ste-Monique et son fils St-Augustin, Amazighs natifs de l’actuelle Algérie. »

Le président du CMA a ensuite déploré le manque de médiatisation des problèmes que rencontre les peuples amazighes en Afrique du Nord.

« C’est ainsi que certaines situations sont sur-médiatisées alors que le black-out frappe d’autres situations, particulièrement ce qui se passe en Afrique du Nord. Ce silence est-il le prix à payer pour la préservation des intérêts économiques des États européens ? Ou bien est-ce le sentiment de culpabilité qui paralyse l’ancien colonisateur ? Et pourquoi la société civile devrait-elle accepter de ne rien entendre ? de ne rien voir ? de ne rien dire ? de ne rien faire ? »

Enfin l’orateur fera un tour d’horizon des injustices que subis le peuple amazighe.

« il me semble que l’on doit se demander pourquoi le drame que vivent les Touaregs du Niger et du Mali, dont 3000 sur 3 millions ont été massacrés dans les années 1990 par les armées malienne et nigérienne avec l’appui de la France, doit-il être couvert par le silence international ? Pourquoi ce peuple si hospitalier et pacifique n’a pas eu d’autre choix que de reprendre les armes le 23 mai dernier dans la région de Kidal dans le nord-Mali ?

Qui en Méditerranée a entendu les hurlements des 127 tués et les milliers de blessés par les gendarmes de l’Etat algérien lors du printemps noir 2001 en Kabylie, en toute impunité ? Qui veut savoir que cette région bat des records mondiaux de suicides ?

Qui sait et qui veut savoir que les lois coloniales françaises servant à exproprier les paysans amazighs en Afrique du Nord sont toujours appliquées, ce qui fait dire à ces paysans qu’une nouvelle colonisation a remplacé l’ancienne ?

Qui osera dénoncer l’assassinat de cet élu, président de l’assemblée populaire de Tizi-Ouzou, en Kabylie, il y a quelques semaines, alors qu’il était assis dans un café dans son village ? Qui osera dire " ça suffit ! " à cette tuerie absurde en Algérie, qui a emporté des artistes, des journalistes, des médecins, des intellectuels et des milliers d’anonymes, hommes, femmes, enfants, tués au nom d’une religion ou de je ne sais quel appétit de pouvoir ? Qui osera un jour demander des comptes ? Et parmi les survivants, qui pourra avoir l’esprit apaisé tant que la justice n’est pas rendue ?

Qui peut être à nos côtés pour demander pourquoi au Maroc, l’Instance Equité et Réconciliation a superbement ignoré la sauvage répression des populations rifaines en 1958 et en 1984 ? Qui accepte de constater avec nous la marginalisation des populations des montagnes et des déserts ?

Qui entend les Amazighs, peuple autochtone d’Afrique du Nord de plus de 30 millions de locuteurs, lorsqu’ils crient qu’ils veulent seulement préserver leur identité spirituelle, sociale, culturelle et linguistique ? Qui peut paraphraser avec nous cette poétesse excédée qui lance : " qu’ils aillent en enfer nos oppresseurs d’hier et d’aujourd’hui qui veulent nous arracher jusqu’à notre langue et notre culture ! »

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