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Biographies : Souad Mahassen ou le raz le-bol tunisien
Posté par melja60 le 13/06/2007 03:10:00 (2767 lectures) Articles du même auteur

SOUAD MAHASSEN
Tout un patrimoine.

Il est vrai que chaque véritable chanteuse a son propre timbre de voix. Mais Souad Mahassen a ce petit quelque chose qui la distingue de toute autre. Pour preuve, nous avons fait écouter "Rym el feyela" "réinstrumentée" à des personnes à qui nous avons tu le nom de l’interprète. Au premier son de la voix, leur réponse a fusé : "Mais c’est Souad Mahassen !". Comme quoi, l’une des plus belles voix tunisiennes a toujours sa place dans le cœur des Tunisiens, et pas des plus âgés !


Souad Mahassen est un patrimoine à elle seule, car elle recherche au plus profond du terroir keffois et tunisien en général pour remettre au goût du jour sans tomber dans l’orientalisme. En écoutant "Rym el feyela" ou encore "Hizzi haramek", c’est tout un terroir qui vient à nous, la terre, celle pure, de nos ancêtres. Souad Mahassen a comme personnifié ces deux chansons, car rien qu’en écoutant les interprétations, des images s’imposent à nous : la vie d’un village berbère, le vent dans les arbres, des pieds marchant nus dans les champs ou sur le sable, la "mélya" portée par les femmes, les "khoulkhals", les "rayhanes" et autres bijoux etc. Des effets offerts non seulement par la voix de la chanteuse mais également des instruments comme la "qasba", un fond de derbouka, de violons etc.
L’artiste fait tout ce qui est en son pouvoir pour préserver notre patrimoine musical en y apportant sa touche personnelle. C’est toute une persévérance dans la recherche qu’il faut encourager mais qui, malheureusement, ne l’est pas ! Puisque le ministère de tutelle s’intitule ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, ne faudrait-il pas qu’il s’intéresse également à ces artistes qui cherchent coûte que coûte à préserver notre richesse musicale rurale ?
Et puis, il faut avouer qu’il y en a assez des pseudo-chanteurs et chanteuses venus d’Egypte et du Liban et qui font croire et surtout croire à nos jeunes qu’ils sont les maîtres de la chanson et qui se servent de nos scènes, notamment, celle de Carthage –qui soit dit en passant a perdu de sa grandeur et de son envergure– comme tremplin !
Sauvons notre vrai patrimoine avant qu’il ne soit trop tard, avant de nous perdre nous mêmes et que nous devenions esclaves des autres ! Aidons nos artistes, nos vrais artistes, pas ceux et surtout celles qui se vendent pour une bouchée de pain tels des affamés.
La chanson est un art, pourquoi à tout prix la transformer en marchandise ?

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