Le projet «Film industry, made in Morocco» a donné naissance à une ribambelle de films dont se tague le cinéma marocain. Fruit de cette louable initiative, «Les arêtes du cœur» de Hicham Ayouch, est à l’affiche, depuis le 5 novembre 2008. C’est la première sortie en salles de cinéma de cet opus qui sera également présent à Los Angeles dans le cadre de «Amazigh film festival» prévu en janvier 2009.
Le «Film industry», est un réel coup de pouce pour les jeunes réalisateurs en mal de ce genre d’opportunités. En plus, loin de produire quantitativement les films qui ont vu le jour grâce à cette action font parler d’eux. Pour preuve, «L’os de fer» de Hicham Lasri »et «Les arêtes du cœur» qui ne sont pas passés inaperçus. Interprété par Abdellah Aourik, Fatima Bikourkare, Ali Mustapha Ali Ait, Mahjouba Adjour, ce dernier est en tamazight. Mais, un sous titrage en français est proposé aux non amazighophones. L’histoire braque les projecteurs sur le drame d’un village aux alentours d’Agadir. Tafdnar est un village morne où la vie s’est arrêtée. En effet, il y a sept ans, un grand nombre d’hommes dudit lieu ont succombé en mer. Ce malheur a décimé des familles entières. Il a fait des veuves et des orphelins. Mais les plus affligés et les plus accablés étaient, sans conteste, les femmes. Ces dernières devaient compter sur elles-mêmes pour assumer les lourdes responsabilités du quotidien. D’où cette ambiance bizarre et pour le moins surprenante qui régnait sur cette petite bourgade. Livrées à elles-mêmes et dépourvues de soutien des hommes, les femmes étaient déstabilisées. Elles étaient proie à un comportement loin d’être orthodoxe.
Tandis que celles-ci se vautraient dans la tristesse et la mélancolie, les rares hommes survivants étaient complètement déconnectés de la rude réalité. Amghar, le chef du village sombrant dans l’alcoolisme, tentait néanmoins de réanimer le village. Il s’acharnait pour que la vie reprenne de plus belle, à tout prix. Etant touché au plus haut point par ce qui est arrivé comme tous les rescapés du péril, il prend sur lui de faire marcher la coopérative des moules et apprend aux enfants à pêcher pour qu’ils prennent la relève. Pour sa part, le jeune Daoud, était tout feu tout flamme et prêt à tout pour réaliser son rêve : pêcher en mer. La rage d’apprendre tout ce qui touche à cette activité maritime le prend aux tripes. Il tente même de réparer une petite barque pour donner forme à son projet sachant que Naïma, qui l’a adopté après qu’elle ait perdu son mari et son fils ne partage pas sa passion. Haïssant la pêche, elle va jusqu’à essayer de le dissuader. La projection permettra aux cinéphiles de débattre de ce drame social. Elle permettra, également, aux connaisseurs de se faire une idée sur le film, en particulier, et le projet d’Ali N’Production en général. C’est d’ailleurs, de la sorte que les initiateurs pourront remédier aux failles.
May Lemrani