A 26 ans, Fatima Raji, tisseuse de la région de Taznakht, ne veut pas subir le même mode de vie de sa mère. Convaincue qu’elle n’y trouvera pas la véritable contrepartie de son effort artistique, elle n’emprunte plus le chemin du souk pour vendre son tapis. Elle profite, en effet, de la première édition du Festival du tapis ouawzguiti qui s’est déroulé le week-end dernier à Taznakht (90 km d’Ouarzazate), pour faire montre de son savoir. Elle et sa famille ont une certaine idée de l’alternative. Grâce à une heureuse rencontre avec la sociologue Fatema Mernissi, elle commence à vendre ses tapis à leur juste valeur. Son nom figure déjà au répertoire d’artistes naïves que parraine l’écrivaine marocaine, telles que Regraguia et Fatima Malal. «Je ne vais jamais au souk car cela fait mal au cœur de voir des chefs-d’oeuvre joliment tissés cédés pour des miettes», dit-elle.