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Société : Inspection du ministère de l'Intérieur à Ouarzazate et Tinghir
Posté par houss59 le 04/09/2008 17:10:59 (2466 lectures) Articles du même auteur

Une commission d’inspection du ministère de l’Intérieur s’est rendue lundi dans la province de Ouarzazate afin d’enquêter sur plusieurs affaires relatives aux municipalités de Tinghir et Ouarzazate.
L’objectif de cette inspection qui a été dépêchée à l’appel du gouverneur de Ouarzazate vise à examiner les dossiers d’urbanisme, des fiscalités et des marchés publics, ainsi que de gestion de divers dossiers relatifs à la chose locale.


La tutelle a enfin assumé ses responsabilités après plusieurs plaintes déposées par des particuliers, élus et autres parties concernées de la chose publique.

A Tinghir, par exemple, la Fédération des associations de développement, forte de 57 structures, avait accusé l’autorité de tutelle d’être « très tolérante » envers les dépassements et les violations de la loi ainsi que des cas de corruption.

Les violations de la loi arrêtées par la Fédération se résument en quatre cas : violation du code d’urbanisme No 12-90, du code de construction parasismique (R.P.S 2000), de la loi de protection de l’environnement No 11.0.3 et enfin de la charte communale.
En effet, le Conseil municipal de Tinghir s’était dernièrement mis à vendre tous les lots en sa possession et même ceux qu’il n’a pas le droit de vendre.

En plus, les propriétaires des lots figurant sur le plan d’aménagements (vendus par la municipalité) obtiennent des autorisations municipales en fonction de plans locaux ; contre des prix exorbitants (10 000 dh). Ainsi, le président et ses acolytes ont vendu près d’une centaine de lots dédiés auparavant aux espaces verts ou à des locaux administratifs et services publics.

Pour échapper à la loi, ils avaient ainsi déposé des dérogations à l’actuel plan d’aménagement entre les mains de l’agence d’urbanisme.
Les zones V2, V3, V15, A30, A19, A39, A20, SC7, PL1 S8A2, V, font que tous les espaces verts prévus initialement disparaîtront dans l’avenir et Tinghir sera une ville sans espaces verts.
Parmi les violations qui démontrent cet état de lieu, il y a lieu de citer la création de 56 lots destinés auparavant à la construction de services publics et administratifs.
Pour ce qui est de la municipalité de Ouarzazate, les plaintes portent sur les lots de terrains situés dans le quartier industriel distribués par le président sans recourir aux membres du Conseil, font remarquer certains élus.
Des pots de vin auraient été versés contre toute demande de propriété.
Même chose pour les lotissements de Fedragoum et Hay Mohamadi dont la réception a faite par le président (reconnaissance de l’achèvement des travaux et des infrastructures).

Quant au budget des saisonniers et qui est de l’ordre d’un peu plus de 600 000 dh, il est toujours consommé à fond. Pourtant, les saisonniers mobilisés dans la ville ne sont visibles que peu de temps avant les sessions du compte administratif. D’ailleurs, plusieurs citoyens sont rémunérés sans accomplir de tâche.

Volet des marchés publics, le président aurait également commandité une étude des routes de la ville, pour un coût de 2 millions de dh, qui n’aurait jamais servi à rien, puisqu’elle n’a jamais été mise en œuvre.
Pour ce qui est de l’abus de pouvoir, le président aurait mis la main de manière illégale sur un passage situé entre sa propre maison et l’hôtel Fint.
Ce n’est pas tout, les détracteurs du président, qui appartient à la formation de l’Union constitutionnelle (UC), l’accusent d’avoir annexé de manière illégale aussi une partie du terrain du cimetière jouxtant sa villa.
Les plaintes comprennent également des accusations au sujet d’une exploitation de la boucherie municipale, enregistrée au nom de son défunt père, pendant une durée deux ans, ce qui est contraire à la morale et la loi.
Il continue cependant à exploiter la boucherie, mais cette fois au nom de son beau-frère. Même chose pour des locaux dans la propriété de la municipalité (local situé à Sidi Daoued) et le pire, sans contrepartie versée à la municipalité.

Mehdi Siraj - Liberation

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