Ministère des affaires de plus en plus populaires, nommé pour l’Eurovision
Ils sont dix à avoir été sélectionnés par les chaînes de France Télévision pour concourir à la représentation de la France à l’Eurovision, dont la finale aura lieu le 12 mai. Ministère des affaires populaires a été choisi, avec les Wampas, par France 4. L’occasion de faire un point sur MAP, avec Dias.
Comment avez-vous réagi quand on vous a parlé de l’Eurovision ?
D’abord, on s’est dit que c’était pourri et on s’est demandé ce qu’on allait faire là-dedans. Et puis, on a été flatté qu’on puisse imaginer que notre musique ressemble à la France et à l’Europe. On n’a pas spécialement envie de gagner, on y va surtout pour y mettre notre grain de sel.
C’est justement le titre de la chanson que vous interpréterez, « Grain de sel »…
On a imaginé le titre comme une mission. On voulait aussi qu’on nous laisse apporter notre univers. On profite de l’Eurovision comme d’une tribune pour entrer en campagne.
La période est particulière, on se trouve en pleine promo présidentielle. On a décidé de lancer un quatretitres avec le magazine Fumigène, pour ajouter notre touche dans ce brouhaha médiatico-politique.
C’est important pour MAP de s’engager dans la musique ?
On a toujours voulu parler de choses sérieuses sans se prendre au sérieux. Il y avait avant une tradition de chanson française qui dénonçait des choses. Je pense à Brassens, Renaud, Gainsbourg ou Brel, des gens qui avaient des choses à dire. La chanson actuelle, c’est de la soupe, c’est une musique pseudo-engagée. Cette dissidence dans l’écriture, on la retrouve dans le rap aujourd’hui et beaucoup moins en chanson. Mais la question est : est-ce que le rap peut représenter la musique française?
À quel type de public plaît MAP ?
Notre projet est métissé musicalement, socialement et on s’inspire directement des gens, de la famille, des voisins, des cousins… On constate une grande mixité sociale et de générations dans notre public.
On a un vrai public populaire, ça n’est pas juste une étiquette pour nous, mais un rêve d’artiste : toucher toutes les couches de la population.
Pas comme certains chanteurs dits populaires, comme Delerm ou Bénabar, qui sont trop bobo.
Comment définiriez-vous le style de MAP ?
C’est du rap berbero-chti. On parle de ce qu’on soutient, ce qui nous dérange, ce qu’on dénonce, mais aussi de choses marrantes.
MAP, c’est les gens.
Propos recueillis par
Marie Tranchant (lilleplus)