Apparemment, le centre culturel Bir Lahjar respecte toujours sa devise d'être un espace qui joue le rôle de tremplin pour des jeunes créateurs. Samedi dernier, on y a programmé «Chant berbère», un spectacle de chant et de danse conçu par Sabri Ouni.
Ce luthiste, amoureux du rythme et d’histoire, a compilé les deux univers pour donner naissance à des compositions qui se veulent «en harmonie avec ce que nous sommes», explique-t-il.
La cadence du tabla, du bendir et du gombri, s’accorde avec les harmonies du luth pour raconter l’histoire des berbères, telle qu’il la conçoit. «L’histoire d’un peuple qui a tenu à sa culture en refusant toute tentative de se fondre dans d’autres civilisations, à commencer par les Phéniciens et les Romains. Pour se protéger, les Berbères étaient obligés de se replier dans le désert pour mener de loin leur lutte. Aujourd’hui encore, ils persistent à préserver cette culture alléchante», ajoute-t-il.
L’art pour l’art n’est pas un concept qu’adopte Sabri Ouni, et ce qu’il veut, «c’est utiliser l’art en faveur d’une cause» qui n’est autre qu’une recherche de l’identité tunisienne. «C’est à travers les répertoires sonores anciens qu’on arrive à se donner un visage et une voix. Et c’est cette voix que je veux transmettre à mon public». Sabri Ouni est encore à ses débuts. Il tâtonne , cherche sur le terrain et au-delà mais il semble déjà avoir tracé son chemin.
Il écoute plusieurs genres musicaux qui vont du jazz à la musique classique turque. Il lit beaucoup et, de ce fait, les images bouillonnent sans cesse dans sa tête et de ses cordes jaillissent tant de rythmes et de phrasés. Son univers se remplit jour après jour. Et ses envies s’accroissent. Dans son spectacle, il introduit une chorégraphie et il précise aussi :«Je veux ajouter à ma troupe, outre les percussions et les instruments à vent comme la trompette, la clarinette et le saxophone, d’autres instruments modernes me permettant de réaliser mes idées les plus audacieuses».C’est entendu.
LaPresse (Tunisie)