Près de 1.700 agriculteurs de la vallée de Draâ attendent toujours la remise en service de l’usine de dattes à Zagora. Cette unité devrait traiter une production de 4.000 tonnes de dattes par an. En mai 2005, la Fondation Mohammed V avait injecté le pactole de trois millions de DH dans le compte de cette unité. Le conseil de la région s’était chargé d’élaborer un plan business, ce qui a été fait. De son côté, le Millenium Challenge Account (MCA) doit racheter 50% des actions de l’usine pour les rétrocéder aux agriculteurs, mais l’on reste toujours au point mort.
L’opération de redynamisation de cette usine avait fait renaître de grands espoirs dans la mesure où elle intéresse pratiquement tous les agriculteurs de cette jolie palmeraie. Mais les montants avancés ne suffiraient même pas, selon des sources de l’Ormva de Ouarzazate, à éponger les arriérés.
Pour le moment, on n’a pas encore dépassé le stade de mise en place des instruments institutionnels. Le dossier est entre les mains des Finances. Deux options sont envisagées: la privatisation de l’usine ou le transfert des participations publiques à la coopérative des agriculteurs. Or, si la première option, déjà tentée par l’Office de développement industriel (ODI), se trouve écartée, la seconde semble avoir fait son chemin. Une structure a déjà été mise en place et a pour nom «Dattes de Zagora». Reste à régler quelques problèmes de procédure. Pour rappel, l’acquisition de cette usine avait, en 2005, fait l’objet d’une convention signée lors de la session ordinaire du conseil régional du Souss-Massa-Draâ.
Les termes de cette convention stipulaient que la Fondation Mohammed V acquiert l’unité industrielle des dattes de Zagora à 2 millions de DH dans l’objectif de la céder à la coopérative des agriculteurs. Elle a consacré également un million de DH en tant que budget non renouvelable pour faire marcher l’usine selon la formule d’autogestion. Pour pallier aux déficiences du passé et ne pas tomber dans les mêmes erreurs, les responsables se sont bien penchés sur la viabilité de cet ambitieux projet.
L’accompagnement de ce projet sera assuré par un comité de contrôle et de suivi, afin de veiller au respect du plan de redynamisation de l’usine et la mise des magasins de stockage des CMV (centres de vulgarisation) à la disposition du projet en vue de faciliter ses activités sur le terrain. La société des dattes de Zagora a été mise en place en 1978 après la mise en service du barrage Mansour Eddahbi et l’aménagement de la vallée du Draâ.
La régularisation des eaux d’irrigation, qui a été acquise dans le Draâ moyen, a ainsi permis la promotion de la production des dattes dans la région de Zagora, ce qui a nécessité la création d’une unité de conditionnement pour valoriser la datte, principal produit de la zone d’action. La société a toutefois arrêté ses activités en 1994 faute de rentabilité malgré les diverses actions de redressement entreprises par la société.
L’usine des dattes de Zagora est composée d’un terrain de 180 m de long et 170 m de large dégagé d’une surface globale de 30.648 m2.
La production annuelle est de l’ordre de 35.000 tonnes, soit 12.000 tonnes en année particulièrement sèche et plus de 60.000 tonnes en année humide. Plusieurs types d’emballage peuvent être proposés et doivent tenir compte des préférences des consommateurs. Des produits haut de gamme étaient aussi proposés pour cibler la clientèle des grandes surfaces. Les enquêtes réalisées sur les installations frigorifiques dans la zone montrent une insuffisance d’équipements frigorifiques susceptibles de réguler la distribution des produits agricoles dans l’espace et dans le temps. Les seuls équipements existants dans la zone et qui sont installés dans l’usine de conditionnement des dattes de Zagora ont une capacité de 2.400 tonnes/an.
Au-delà, l’économie oasienne a besoin d’être réhabilitée et sécurisée. Un projet d’importance capitale est fourni par le programme «Transhumance et biodiversité». Il s’agit d’un projet visant la conservation de la biodiversité dans le versant sud du Haut-Atlas (province de Ouarzazate), à travers la relance d’une pratique ancestrale chez les tribus de ces régions, en l’occurrence la transhumance. Mis en œuvre depuis 2001 en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) avec un montant global de 1 milliard de DH, dont 6,4 millions de DH proviennent du budget de l’Etat, ce projet ambitionne de préserver les zones ciblées contre la désertification.
En tout, 700.000 ha sont concernés. Mais encore faut-il s’assurer l’adhésion des transhumants, dont le nombre est estimé à 4.000 personnes. Peuplée de trois grandes tribus, les Imeghranes, les Aït Sedrat et les M’goun, la zone du projet est marquée par l’activité d’élevage. Pour les 1.200 foyers que compte cette région, le déplacement dans le site est tributaire en grande partie des aléas du climat.
Besoin grandissant en alimentation hydriquele palmier dattier est lié au concept du sahara: désert, climat chaud et sec, amplitude thermique forte et climat bien ensoleillé. Il aime les sols légers et profonds où il développe un système racinaire permettant d’exploiter un grand volume du sol et de satisfaire en grande partie ses besoins en eau. Les sols bien drainés et profonds et assez riches en éléments fertilisants lui conviennent parfaitement. Le palmier dattier a besoin d’une alimentation hydrique importante pour donner des productions satisfaisantes. Il craint cependant les pluies au moment de la floraison et de la maturité pouvant provoquer la pourriture des fruits.
· 1.700 agriculteurs attendent l’ouverture de l’unité de conditionnement
· Le dossier est toujours entre les mains des Finances
Ali RACHIDI - L'economiste