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Tifinagh

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Catégories de la page: Alphabet | Berbères

Panneau de signalisation multilingue incluant une version en tifinaghe, à Isser en Kabylie (Algérie).
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Panneau de signalisation multilingue incluant une version en tifinaghe, à Isser en Kabylie (Algérie).

Le tifinaghe (aussi écrit tifinagh se prononce tifinar) ou libyco-berbère est un alphabet utilisé par les Berbères, essentiellement les Touaregs. C'était autrefois un abjad, un alphabet consonantique.

Cet alphabet a subi des modifications et des variations inévitables depuis son origine jusqu'à nos jours. Du libyque jusqu'aux néo-tifinaghes en passant par le tifinaghe saharien et les tifinaghes Touaregs, nous retraçons ci-dessous les aspects les plus importants de chacune de ces étapes.

Sommaire

Étymologie

Le site MondeBerbere.com rapporte au sujet de l'étymologie du nom tifinaghe, que des Berbères Modèle:Citation : Tifinaghe serait un mot composé de Tifi qui signifie « trouvaille » ou « découverte » et de l'adjectif possessif nnagh qui signifie « notre ». Le site poursuit en qualifiant cette interprétation de Modèle:Citation <ref>MondeBerbere.com - Tifinagh : l'alphabet berbère de A à Yaz, « Origine de cet alphabet ».</ref> ; pour le Modèle:Nobr Servier, le mot Modèle:Guil renvoie à Modèle:Citation <ref>Jean Servier, Les Berbères, Presses Universitaires de France, collection Modèle:Guil, Modèle:Nobr, Paris, 2003, Modèle:Nobr, Modèle:Nobr, Modèle:Nobr.</ref>.

Libyque

Modèle:Infobox Système d'écriture

  • Il y a deux formes du libyque, l'orientale et l'occidentale ;
  • La forme occidentale a été utilisée le long de la côte méditerranéenne de la Kabylie jusqu'au Maroc et aux Îles Canaries. La forme orientale a été utilisée dans la région constantinoise, dans les Aurès et en Tunisie ;
  • Seule la forme orientale a été déchiffrée grâce notamment à l'existence d'importantes inscriptions bilingues punico-libyques. Ce déchiffrement a permis de déterminer la valeur de 22 signes sur 24 ;
  • Selon Février (1964-65), la forme occidentale serait plus primitive, la forme orientale étant influencée par l'écriture punique ;
  • L'alphabet libyque est strictement consonnantique
  • La gémination n'était pas notée ;
  • La forme occidentale comporte 13 lettres supplémentaires ;
  • Les inscriptions sont souvent des dédicaces ou épitaphes. La plupart sont brèves ;
  • Le sens de l'écriture n'est pas fixé (mais c'est plus souvent verticalement de bas en haut). Chaque ligne constitue un mot phonétique ou un sens complet ;
  • Une minorité de lettres permettaient de déterminer le début de la ligne. Ces lettres sont appelées lettres directrices ou signes directeurs ;
  • Une hypothèse a été avancée que certaines lettres seraient secondaires par rapport à d'autres.

Tifinaghe saharien

 Ècritures tifinaghes anciennes, site des gravures rupestres d'Intédeni près d'Essouk au Mali.
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Ècritures tifinaghes anciennes, site des gravures rupestres d'Intédeni près d'Essouk au Mali.

Le tifinaghe saharien est un alphabet touareg ancien. Il contient des signes supplémentaires, comme le trait vertical pour noter la voyelle finale /a/.

L'âge des inscriptions les plus récentes est peut-être de quelque 200 ans. Les modalités du passage entre le libyque et le tifinaghe saharien sont inconnues. On ne sait pas si cet alphabet était contemporain des formes libyques, ni même s'il est comparable à la forme occidentale ou orientale du libyque. La période d'utilisation de cet alphabet, si elle n'est pas établie avec précision, est largement antérieure aux conquêtes musulmanes. La seule certitude nous vient d'une inscription qui porte une date : celle du temple du roi berbère Massinissa qui attribue la construction du temple à l'an 10 du règne de ce roi ; c.-à-d. 139 ans avant notre ère.

La valeur des signes nous est transmise par Charles de Foucauld.

Tifinaghe touareg

Modèle:Infobox Système d'écriture Il existe au sein du tifinaghe touareg quelques divergences des valeurs des signes qui correspondent aux variations dialectales touarègues. Si d'une région à une autre, la forme et le nombre des signes peuvent changer, les textes restent en général mutuellement intelligibles car la plupart des différences graphiques suivent la logique des variations phonétiques dialectales.

Particularités

L'innovation la plus frappante est la ligature à dernière consonne /t/ ou à première consonne /n/. Comme pour le saharien, le tifinaghe touarègue dispose d'un signe /./ pour noter les voyelles finales appelées tighratin (masc. tighrit). Dans les régions du Hoggar, du Ghat et de l'Adrar, ce signe ne s'emploie que pour la voyelle /a/. Les voyelles /i/ et /u/ sont notées par les signes correspondant aux /y/ et /w/. Les autres dialectes l'emploient pour toutes les voyelles finales et, selon le père de Foucauld, pour toutes les voyelles initiales sans distinction.

Les lettres sont épelées de différentes façons suivant les régions. Dans le Ghat, la prononciation suit le modèle « ya-valeur consonnantique ». Par exemple, /b/ se lit « yab », /d/ « yad », etc.

Dans l'Ayer et chez les Iwelmaden, ce sera plutôt « e-valeur consonnantique redoublée » : /b/ « ebba » ; /d/ : « edda », etc. Une légère variation dans le sud colore « ebba » en « abba ».

Parmi les tribus maraboutiques de la région de Tombouctou, on a relevé l'emploi des diacritiques arabes pour noter les voyelles brèves.

Usage

À part quelques rares utilisations pour la notation de textes longs, les tifinaghes touaregs ont souvent été utilisés pour des inscriptions sur des objets (bijoux, armes, tapis, etc.), pour des déclarations amoureuses et pour des épitaphes. Toute transcription commence par la formule « awa nekk [Untel] innân  », c’est-à-dire « c'est moi [Untel] qui a dit ».

Il semblerait qu'un homme sur trois et une femme sur deux l'écrivent sans hésitation. Depuis peu, les tifinaghes sont utilisés comme support pédagogique pour la campagne contre l'analphabétisme.

Il n'y a pas d'ordre pour énoncer les lettres de l'alphabet. Mais une formule mnémotechnique, citée par Foucauld (1920), contient toutes les lettres ou presque : « awa näk, Fadîmata ult Ughnis, aghebbir-nnit ur itweddis, taggalt-nnit märaw iyesân d sedîs .» (« C'est moi, Fadimata, fille d'Oughnis : sa hanche ne se touche pas, sa dot est de seize chevaux. »)

Néo-tifinaghes

Modèle:Infobox Système d'écriture À la fin des années 1960, une association culturelle, l'Académie berbère (AB), se forma en Algérie dans le but d'établir un alphabet standard sur la base des tifinaghes diffusés au Maroc et en Algérie, afin de le faire revivre et de pouvoir transcrire l'ensemble des dialectes berbères.

Salem Chaker, professeur de l'INALCO, proposa une révision de cet alphabet (v. Tafsut. 1990 n° 14.). D'autres systèmes ont été proposé par l'association Afus Deg Wfus (Roubaix), la revue Tifinagh (éditée au Maroc), par le logiciel d'Arabia Ware Benelux et l'IRCAM, et sont relativement similaires.


Normalisation internationale (Unicode)

À compter de la version 4.10 de la norme Unicode, les caractères tifinaghes sont codés dans la plage U+2D30 à U+2D7F. Il y a 55 caractères définis dans la norme mais nous savons qu'il existe un nombre beaucoup plus grand de caractères qui ne font pas partie de la norme Unicode.

Représentation Unicode des glyphes (de gauche à droite)Image:Tifinagh_unicode.jpg

Exemples de textes en tifinaghe

  • Azul, fell-awen ! : ⴰⵣⵓⵍ, ⴼⴻⵍⵍⴰⵡⴻⵏ !

Aide Unicode

Pour que les caractères tifinaghe s'affichent, vous devez télécharger les Police d'écriture Unicode adéquates. Vous pouvez en trouver sur le site de l'IRCAM, en cliquant ici.

Si vous avez le système d'exploitation Windows, une fois que vous avez téléchargé les polices, vous devez les placer dans le dossier « fonts » (C:\windows\fonts). Pour cela, ouvrez le menu « démarrer » et cliquez sur « Poste de travail ». Allez dans le disque « C: », puis dans le dossier « WINDOWS » dans lequel vous trouvez le dossier « fonts ». Placez votre fichier dedans, et l'installation se fait automatiquement.

Notes et références

<references/>

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

  • L'Adrar Ahnet, Théodore Monod, 1932, pp. 135-139
  • Contribution à l'étude des gravures rupestres et inscriptions tifinagh du Sahara central, Cinquantenaire Faculté Lettres Alger, Maurice Reygasse, 1932, pp. 437-534 (cités dans Prasse 72)
  • Écriture libyco-berbère, L'aventure des écritures, in Anne Zali et Annie Berthier, 2002, Bibliothèque nationale de France & Réunion des musées nationaux

Récupérée de « http://www.musikamazigh.com/wiki/index.php/Tifinagh »

Cette page a été consultée 216 fois. Dernière modification de cette page le 26 avril 2008 à 12:43. Contenu disponible sous Musikamazigh.com.